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Autres légendes ICI:

- Les oiseaux du village d'Odanak (Quebec) -

- Cette légende nous a été envoyée par Mary du Quebec -
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Aigle

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Légende  des indiens Abénakis :
-Les oiseaux
-

                                               

 Au début du monde, le Créateur, que les Indiens Abénakis appellent
 Tabaldak créa la terre et pour eux, la terre devint le jardin de Tabaldak.
 Depuis ce jour, la vieille terre-mère donne les plantes qui nourrissent et
 les plantes qui soignent. Tabaldak avait créé tout ce dont les hommes
 avaient besoin pour vivre sur terre. Il avait tout créé ou presque, car
 pour les Indiens le Créateur n'est pas parfait, sinon il aurait créé tous
 les Indiens parfaits.

 Tous les Indiens étaient en extase devant la création jusqu'au moment où
 Ours blanc décida de mettre son gros manteau blanc sur le pays et souffla
 son haleine froide pour faire arriver l'hiver.

 À cette époque, les Indiens vivaient la majeure partie de leur temps dans
 le "tee pee" et les petits papooses sont vite devenus bien tristes. Ils n'avaient
 plus rien pour s'amuser, sauf les cendres du feu qui paraissaient à peine
 tièdes tellement le froid était intense. Durant l'été, ils avaient joué avec les
 feuilles de l'arbre sacré. Ils en avaient fait des colliers, des panaches, des
 papillons et ils avaient aussi joué avec le ruisseau. Mais avec la neige qui
 avait tout recouvert de blanc, tous leurs jouets avaient disparu et ils étaient
 devenus bien tristes.
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 Tellement tristes que grand maman Marmotte le remarqua et décida d'aller
 voir Tabaldak. Elle lui dit :

 Tu as créé de bien belles choses pour tes enfants adultes.
 Tu as tout donné pour qu'ils puissent bien vivre. Mais tu
 as oublié mes petits "papooses".

 Tabaldak réfléchit un instant et approuva grand maman Marmotte.
 Il promit d'arranger les choses. Aussitôt que le printemps  pointa son nez,
 il se mit à réfléchir à ce qu'il pourrait bien créer pour leur rendre l'hiver plus
 agréable. C'est alors qu'il se rappela avoir vu les enfants jouer avec les
 feuilles de l'arbre sacré. Il décida donc de créer les oiseaux. Mais dans sa
 hâte de faire plaisir aux enfants pour l'hiver prochain, il créa les oiseaux
 tous blancs, de la même couleur que l'hiver.

 Les enfants furent très heureux de cette création. Vous auriez dû les voir
 jouer avec  les canards, les sarcelles, les perdrix, les pic bois, les hirondelles,
 les parulines, les gros becs, les roselins, les bruants, les chardonnerets, les
 mésanges, les merles, les moineaux et les colibris. Les papooses ont passé
 le printemps, l'été et même l'automne à s'amuser avec leurs nouveaux amis
 les oiseaux.

 Lorsque Ours blanc jeta de nouveau son gros manteau blanc sur le dos de la
 terre mère, les enfants se rendirent compte que les oiseaux étaient de la même
 couleur que la neige et qu'ils pouvaient à peine les voir. Même les oiseaux
 étaient bien embêtés pour se reconnaître entre eux. Ils étaient tous de la même
 couleur. Ils retournèrent dans leur "tee pee" avec encore beaucoup de tristesse.

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 Grand maman Marmotte vit la tristesse des enfants.
 Elle retourna voir Tabaldak et lui dit :

 Tabaldak, je crois que tu as créé les oiseaux un peu trop vite. Tu as donné aux
 adultes une nature toute colorée à ton image, mais tu as oublié que les petits
 enfants méritaient aussi ces mêmes couleurs pour leurs oiseaux.

 Tabaldak réfléchit et finit par dire à grand maman Marmotte :

 Tu as bien raison. Je vais réparer mon erreur. Appelle tous les oiseaux et dis leur
 de se rassembler ici devant moi.

 Pendant ce temps, Tabaldak alla prendre du brun terre, du vert pelouse, du vert
 arbuste, du bleu ciel, du jaune soleil, du rouge feu, du gris nuage et fabriqua de
 merveilleuses teintures qu'il mit dans de magnifiques pots en écorce de bouleau
 que grand maman Marmotte avait fabriqués pour lui. Les pots sentaient bon
 l'écorce fraîche.

 Tabaldak plaça les pots de teinture devant lui. L'oie blanche s'avança la première
 près de Tabaldak et lui donna une plume afin qu'il puisse colorer les oiseaux. L'oie
 blanche lui dit :

 Prends ma plume pour faire ton travail de création. Moi je resterai blanche afin que
 tes enfants s'en rappellent. Chaque année, je passerai au-dessus de leur territoire
 pour qu'ils se souviennent de toi.

 Jusqu'à ce jour, l'oie blanche n'a pas encore manqué à sa parole. Chaque
 printemps, de la fin mars jusqu’à la fin mai, près d'un million d'oiseaux fréquentent
 les berges du lac Saint Pierre à Baie du Fèbvre. Des milliers d'ornithologues
 amateurs et les amants de la nature se donnent rendez-vous le long des zones
 inondées pour observer le retour spectaculaire des oies blanches.
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 Le Créateur commença donc son travail. Avec le rouge et le brun, il colora le
 merle. Avec le bleu, il donna ses couleurs à l'hirondelle. Avec le jaune, il colora
 le chardonneret et ainsi de suite, jusqu'à ce que tous les oiseaux soient recouverts
 des couleurs de la nature. Vous pourriez même, si vous prenez le temps d'observer
 les oiseaux, deviner où Tabaldak a pris la teinture pour colorer chaque oiseau que
 vous observez. Il n'y a pas de couleur sur un oiseau qui n'est pas dans la nature.

 Pendant qu'il faisait son travail avec patience, un oiseau le dérangeait constamment.
 Il criait, battait de l'aile bruyamment, bousculait les autres et oubliait de partager la
 joie de ses frères. Il alla même devant le Créateur pour l'insulter en lui disant que
 ses teintures étaient bien belles, mais pas assez brillantes pour les mettre sur son
 magnifique plumage. Patiemment le créateur continua son travail. L'oiseau était
 de plus en plus arroguant , battant de l'aile et criant sans arrêts .

 Il revint devant le Créateur encore une fois et d'un coup d'aile renversa tous les pots
 de teinture. Les teintures en se renversant se mélangèrent et devinrent toutes noires.
 Vous auriez dû voir grand maman Marmotte derrière le "tee pee". Elle était dans tous
 ses états, n'en croyant pas ses yeux de voir ce que l'oiseau avait fait.
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 Le Créateur, dans sa grande patience, ramassa la teinture noire et la remit dans un
 nouveau pot que grand maman Marmotte avait apporté. Il reprit sa plume et continua
 son travail. L'oiseau dérangeant revint une troisième fois devant lui pour l'insulter à
 nouveau, mais cette fois-ci, Tabaldak saisit l'animal par les pattes, le plongea dans la
 teinture noire et le leva très haut au bout de son bras en lui disant :

 Telle est ta volonté mon bel oiseau et telle est ma volonté. Parce que tu l'as bien voulu,
 tu seras toujours un oiseau dérangeant et bruyant. Tu auras toujours un vol lourd et
 bruyant. Les autres oiseaux te craindront et les animaux te fuiront.
  "On t'appellera le Corbeau".

 Et il laissa partir l'oiseau. Mais ce n'était pas le dernier oiseau. Le dernier oiseau
 arriva humblement devant Tabaldak. Il excusa le comportement effronté du
 corbeau et dit au Créateur :

 Tabaldak, je regrette le geste du corbeau. J'aurais voulu que tu couvres mes plumes
 de l'arc en ciel de ta création. J'aurais pu, ainsi coloré, voler très haut vers le soleil et
 tracer de grands cercles pour que tes enfants puissent y voir toute ta puissance.
 J'aurais voulu être ton symbole pour tes enfants".

Le Créateur fut bien ému par les paroles de l'oiseau. Il dit à l'animal :

 -Ouvre bien grandes tes ailes .! -.

 Il prit alors sa plume et la plongea dans la teinture noire. Il en mit un peu sur le bout
 des ailes, un peu autour du cou. Il en mit aussi un peu sur la queue et balaya tendrement
 le dos de l'animal en lui disant :

 Telle est ta volonté mon bel oiseau et telle est ma volonté. Tu seras mon symbole.
 Tu voleras très haut pour tracer le cercle sacré. J'y mettrai toute ma  puissance et
 mes enfants le verront. Tu seras le seul animal à regarder le soleil bien en face.
 On t'appellera l'aigle . Et pour s'en rappeler, chaque fois qu'un de mes enfants
 plantera un poteau dans le sol pour y graver ses symboles et ses totems, tout en
 haut il placera tes ailes pour me symboliser. Tu seras un guide pour mes enfants.
 Telle est ta volonté mon bel oiseau et telle est ma volonté.

 Je veux que vous sachiez que depuis ce temps-là, les Amérindiens utilisent les
 plumes de l'aigle pour s'en faire de belles décorations et qu'il y a toujours une
 plume d'aigle attachée à la pipe sacrée.
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Cette légende est encore très vivante dans
 le village Abenakis d'Odanak au Québec.

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